BRIGHTER
Burundi Renewable Innovation Growth and Higher Education for Renewable Energy Systems
Titre du Projet : BRIGHTER - Burundi Renewable Innovation Growth and Higher Education for Renewable Energy Systems
Acronyme : BRIGHTER
Numéro de projet : 101237222
Bailleur de Fonds : Programme Erasmus+ de l’Union européenne – Renforcement des capacités dans l’enseignement supérieur
Budget Total : ~1 million d'euros
Durée : 4 années (1er novembre 2025 – 31 octobre 2029)
Statut : En cours
Vue d'ensemble du Projet
Le projet BRIGHTER est une initiative stratégique de quatre ans financée par le programme Erasmus+ de l'Union européenne. Porté par un consortium international d'une dizaine de partenaires et coordonné par l'Universidade Politécnica de Lisboa, BRIGHTER vise à mettre en place au Burundi un programme national d'enseignement supérieur de qualité en énergies renouvelables, en développant de nouveaux cours, en formant les enseignants, en équipant les universités en laboratoires et en favorisant l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes. Le projet a démarré le 1er novembre 2025 et sa réunion de lancement s'est tenue à Lisbonne en décembre 2025.
L'Institut de Pédagogie Appliquée participe au projet au sein de l'Université du Burundi, l'un des partenaires du consortium. Son Doyen, le Professeur Emile Nibona, en est le point focal. Par sa mission de formation des enseignants et sa pratique de l'innovation pédagogique, l'IPA apporte au projet son expertise en didactique et en formation des formateurs. En créant un pont entre l'enseignement, la recherche appliquée et le développement durable, BRIGHTER offre une réponse innovante aux défis énergétiques du Burundi tout en renforçant les capacités académiques de la nation.
Avec une subvention européenne de près d'un million d'euros, BRIGHTER représente l'engagement de l'Europe et du Burundi envers un avenir énergétique durable.
Le Contexte: Défis Énergétiques du Burundi
Le Burundi fait face à un défi énergétique majeur qui freine le développement économique et social. Selon la Banque mondiale, seuls 20,1 % de la population avaient accès à l’électricité en 2024, l’un des cinq taux les plus bas au monde, et seulement 8 % de la population est raccordée au réseau national. La capacité installée atteint environ 205 MW, dont 79 % d’origine hydroélectrique. La consommation énergétique reste dominée par la biomasse, principalement le bois de chauffage, qui couvre plus de 90 % des besoins.
Les impacts sociaux et environnementaux de cette situation sont profonds et multiples. La pauvreté énergétique limite directement l’accès à l’éducation et aux services de santé, perpétuant les cycles de pauvreté. La dépendance au bois de chauffage contribue à la déforestation, à la dégradation de l’environnement et à la perte de biodiversité. Ces limitations réduisent aussi les heures disponibles pour l’étude et le travail productif, creusant les inégalités d’accès à la technologie et à l’information. Dans un pays dont l’âge médian est d’environ 16 ans, le chômage des jeunes constitue un enjeu supplémentaire.
Malgré ces défis, le Burundi dispose d’un potentiel renouvelable important et encore largement inexploité. Son potentiel hydroélectrique est estimé à 1 700 MW, dont environ 300 MW économiquement exploitables. L’ensoleillement moyen, de l’ordre de 4 à 5,5 kWh/m² par jour selon les sources, offre un potentiel solaire important. Des vitesses moyennes de vent de 4 à 6 m/s ouvrent également des possibilités pour l’énergie éolienne. Dans son Compact national pour l’énergie, présenté en septembre 2025, le pays s’est fixé des objectifs ambitieux : l’accès à l’électricité pour 70 % de la population et à des solutions de cuisson propres pour 40 % d’ici 2030, puis l’accès universel à une énergie issue à 99 % de sources renouvelables à l’horizon 2040–2060. Atteindre ces objectifs exige des ingénieurs, des enseignants et des entrepreneurs formés aux énergies renouvelables. C’est précisément à ce besoin que répond le projet BRIGHTER.
Vision et Objectifs Stratégiques
Une approche intégrée pour la transformation éducative et énergétique
Vision Globale
Mettre en place au Burundi un programme national d’enseignement supérieur de qualité en énergies renouvelables, dispensé par les universités partenaires et coordonné par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, afin de développer les compétences nécessaires à la transition énergétique, de promouvoir l’inclusion des femmes et de favoriser l’emploi des jeunes.
Six objectifs stratégiques:
1. Développer des cours en énergies renouvelables
- Concevoir des contenus de cours en énergies renouvelables et les mettre en œuvre dans les universités partenaires burundaises
- Créer des modules STEAM et énergies renouvelables pour les programmes universitaires
- Former les enseignants à l’enseignement de ces nouveaux modules
2. Équiper les universités en laboratoires
- Créer deux nouveaux laboratoires d’énergies renouvelables
- Moderniser trois laboratoires existants
- Offrir aux étudiants une expérience pratique des énergies renouvelables
3. Renforcer les infrastructures numériques
- Améliorer les infrastructures TIC des universités partenaires
- Faciliter la connectivité et l’accès à l’enseignement à distance
4. Promouvoir la participation des femmes
- Mettre en œuvre des stratégies ciblées pour la participation et la formation des femmes dans le domaine des énergies renouvelables
- Soutenir l’intégration de l’égalité des genres dans les programmes, à partir d’analyses de genre
- Évaluer régulièrement l’inclusion des femmes dans le projet
5. Créer des liens avec le secteur
- Collaborer avec au moins cinq entreprises et ONG du secteur des énergies renouvelables
- Organiser deux fois par an des forums de partenariat public-privé
- Encourager l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes par des pôles d’innovation et des startups
6. Établir une politique nationale
- Élaborer une politique nationale intégrant l’enseignement des énergies renouvelables dans l’enseignement supérieur
- Préparer les futures générations à comprendre et à mettre en œuvre des solutions énergétiques durables
Partenaires du Projet BRIGHTER
Une dizaine d’organisations du Burundi, du Portugal et de Slovaquie engagées pour l’enseignement des énergies renouvelables au Burundi
Coordinateur du projet
Universidade Politécnica de Lisboa (IPL), Portugal
Équipe (ISEL, école d’ingénierie de l’IPL) : Professeurs José Carlos Quadrado, Cristina Borges, Rita Pereira, Carla Viveiros
Universités burundaises
1. Université du Burundi (UB)
Statut : Partenaire
2. École Normale Supérieure du Burundi (ENS)
Statut : Partenaire
3. Université Polytechnique de Gitega (UPG)
Statut : Partenaire
4. Université des Grands Lacs (UGL)
Statut : Partenaire
5. IUNICA
Statut : Associée aux activités du projet
Partenaires institutionnels burundais
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Rôle : Coordination du programme national, élaboration de la politique nationale d’enseignement des énergies renouvelables et harmonisation des curricula entre les universités
KIT Hub Burundi
Rôle : Expertise en innovation numérique et en technologies de l’information
Association pour la Solidarité, l’Entraide Mutuelle et le Développement Intégral
Statut: Partenaire
Partenaires Européens
ENTER Educators Professional Development, Portugal
Statut : Partenaire
Slovenská technická univerzita v Bratislave (STU), Slovaquie
Statut : Partenaire
Partenaire associé
Villanova University, États-Unis
Rôle : Expertise en énergies renouvelables (Professeur Pritpal Singh)
Activités Clés et Flux de Travail
Le projet BRIGHTER est structuré autour de plusieurs axes complémentaires qui travaillent ensemble pour réaliser la vision globale.
Axe 1 - Développement et intégration des curricula
- Créer des modules STEAM et énergies renouvelables pour les programmes universitaires
- Intégrer le nouveau curriculum dans le système d’enseignement
- Mettre en place des mesures d’assurance qualité pour le développement des curricula
- Évaluer l’impact du nouveau curriculum sur les secteurs de l’éducation et de l’énergie
- Former les enseignants pour qu’ils puissent enseigner efficacement les nouveaux modules
Axe 2 - Gouvernance et développement humain
- Favoriser la collaboration entre le monde universitaire et les entreprises par des forums de partenariat public-privé organisés deux fois par an
- Mesurer régulièrement les effets du projet sur la gouvernance, le développement humain et l’inclusion des femmes
- Assurer une gouvernance efficace des activités du projet : implication des parties prenantes, élaboration des politiques et construction de partenariats
- Promouvoir l’égalité des genres par des analyses de genre et un appui au développement des programmes
Axe 3 - Politique nationale
- Élaborer une politique nationale qui intègre l’enseignement des énergies renouvelables dans l’enseignement supérieur
- Permettre aux futures générations de bien comprendre les solutions énergétiques durables
Axe 4 - Sensibilisation et diffusion
- Faire connaître les activités du projet par les réseaux sociaux, le site web, des conférences, des séminaires, des publications et d’autres canaux de diffusion
Calendrier du Projet
Durée Totale: 4 années (1er novembre 2025 – 31 octobre 2029)
Phase 1 - Préparation et Financement
Une première candidature est déposée au programme Erasmus+ en février 2024. Malgré une évaluation positive, elle n’est pas retenue de peu. Le consortium la révise et la dépose à nouveau en février 2025. La subvention européenne est accordée en août 2025.
Phase 2 - Démarrage du Projet
Le projet démarre officiellement le 1er novembre 2025. La réunion de lancement se tient à Lisbonne du 16 au 18 décembre 2025, à l’invitation de l’Universidade Politécnica de Lisboa, avec une visite du campus de l’ISEL. En mars 2026, des membres du projet visitent à Nairobi le laboratoire d’énergies renouvelables de l’Université Strathmore, modèle pour les futurs laboratoires burundais, ainsi que l’entreprise Davis & Shirtliff, distributeur d’équipements solaires prêt à s’associer au projet. Le 27 juillet 2026, l’Université des Grands Lacs accueille la première réunion préparatoire de la réunion annuelle des partenaires. Le 2 septembre 2026, le Directeur Général de l’ENS reçoit la délégation des partenaires du projet.
Phase 3 - Mise en Œuvre
Jusqu’à la fin du projet, le 31 octobre 2029, les partenaires développent et intègrent les nouveaux modules en énergies renouvelables, forment les enseignants, créent deux laboratoires et en modernisent trois, renforcent les infrastructures numériques, organisent des forums de partenariat public-privé et élaborent une politique nationale d’enseignement des énergies renouvelables.
Résultats Attendus et Impact
À la conclusion du projet BRIGHTER, le 31 octobre 2029, les résultats attendus incluent de nouveaux contenus de cours en énergies renouvelables mis en œuvre dans les universités partenaires burundaises, des modules STEAM et énergies renouvelables intégrés aux programmes universitaires, des enseignants formés pour les enseigner, deux nouveaux laboratoires d’énergies renouvelables et trois laboratoires modernisés, des infrastructures numériques renforcées, des partenariats avec au moins cinq entreprises et ONG du secteur, ainsi qu’une politique nationale intégrant l’enseignement des énergies renouvelables dans l’enseignement supérieur.
Impacts pour l’Enseignement Supérieur
BRIGHTER intègre les disciplines STEAM (sciences, technologie, ingénierie, arts et mathématiques) dans l’enseignement supérieur, en les orientant vers la transition verte. Le projet renforce la formation des enseignants et la formation continue, afin d’agir sur les causes structurelles de l’abandon scolaire. Il accorde une attention particulière à l’inclusion des femmes, pour réduire les inégalités entre les sexes dans l’éducation et dans le monde du travail.
Impacts pour l’Emploi et l’Économie
Le projet relie directement la formation au marché du travail, en associant le secteur privé au développement des compétences et en réduisant l’écart entre les acquis des diplômés et les besoins des employeurs. En rapprochant les universités et les entreprises, il répond aux besoins actuels et futurs en compétences, avec un accent sur l’entrepreneuriat et le développement des chaînes de valeur. BRIGHTER encourage l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, par des pôles d’innovation et des startups, afin de créer des emplois locaux et de limiter la fuite des cerveaux.
Impacts pour le Burundi
BRIGHTER répond au besoin critique d’accès à l’électricité au Burundi et vise à réduire le chômage des jeunes grâce à la formation et au développement des compétences en énergies renouvelables. En dotant la jeunesse burundaise des compétences nécessaires, le projet contribue à relever les défis socio-économiques du pays et de la région. Il s’inscrit dans les priorités de l’Union européenne en matière de croissance durable et d’emploi, et soutient la transition verte du Burundi.